TROUBLES MICTIONNELS CHEZ L'HOMME

Monsieur D. LAM.., 56 ans, fumeur, a consulté en 1997 pour prise en charge d'un prostatisme.

Il se plaignait alors d'une pollakiurie nocturne avec 3 à 4 mictions par nuit. Il présentait également une dysurie importante avec un retard au démarrage, un jet faible nécessitant une poussée abdominale. Il existait aussi une impériosité nette avec des besoins impérieux intenses mais cependant toujours controlés. Au toucher rectal la prostate était augmentée de volume (40cc) sans nodule suspect et indolore. Le PSA était à 1,8 ng/ml et la créatininémie était normale. L'échographie retrouvait une prostate de 38 cc et sans zone hypo-échogène. Il n'y avait pas de résidu post-mictionnel et le haut appareil ne présentait pas de dilatation. La fibroscopie avait montré l'absence de toute lésion endo-vésicale. Un traitement par alpha-bloquant avait alors été instauré et avait permis une disparition quasi complète de la symptomatologie.

Le patient revient 4 ans plus tard car la symptomatologie est réapparue àl'identique et le patient a en plus l'impression d'une vessie incomplètement vide.Le score IPSS est défini:

Le bilan montre que la prostate a augmenté de volume (50 cc) et qu'il existe un résidu post mictionnel de 80 cc. Le PSA est 2,2.

Devant la dégradation du statut urinaire sous traitement médical et l'apparition d'un résidu post mictionnel une indication chirurgicale est posée. Une résection trans uréthrale de prostate est proposée et le patient est informé du risque inhérent ˆ cette intervention : l'éjaculation rétrograde.

Madame G. DEF .., 56 ans, consulte pour des fuites urinaires récemment aggravées mais datant de plusieurs années et devenues très gênantes dans la vie quotidienne.

On note dans ses antécédents un tabagisme à 40 PA et trois accouchements difficiles. Elle ne prend pas de traitement et présente une légère surcharge pondérale.

A l'interrogatoire, l'incontinence est évaluée comme importante. Elle est en jet, souvent déclenchée par des efforts divers de la vie quotidienne. Il n'y a jamais de fuite la nuit ou en goutte à goutte. La patiente se garnit en permanence par nécessité. Depuis quelques semaines sont apparus une pollakiurie et des besoins impérieux pouvant aller jusqu'à la fuite.

A l'examen clinique il existe une certaine atrophie vaginale et il n'y a pas de cystocèle ni de rectocèle. La toux déclenche des fuites qui disparaissent à la manoeuvre de Bonney. Il y a par ailleurs une hypermobilité uréthrale.

Dans ce contexte d'incontinence mixte, une ECBU, une échographie pelvienne et une cystoscopie ont été réalisées et se sont révélées négatives.

La prise en charge initiale a consisté en l'administration de Colpotrophine en ovules, d'Oxybutinine et en une rééducation pelvi-périnéale avec électrostimulation et biofeedback. On demandera Žgalement la tenue d'un calendrier mictionnel.

La patiente est revue deux mois plus tard. L'impériosité a pratiquement disparue mais les fuites ˆ l'effort demeurent gênantes.

Le bilan Urodynamique confirme l'hypermobilité du col vésical avec défaut de transmission à60%.

La patiente étant demandeuse, une indication opératoire est posée et consistera en la mise en place d'une bandelette de soutènement sous uréthral de type TVT ou IVS.